La Iran et la bombe

Considéré par George W. Bush comme l’un des piliers de ces Trois Piliers, l’Iran est aussi l’un des pays les plus avancés programme nucléaire, puisqu’il serait en mesure, selon les experts, d’acquérir des armes nucléaires en 2007 ou 2008 si elle continue l’élan. Et les Iraniens ont testé un missile balistique à moyenne portée l’année dernière. Cette question est au cœur de l’administration américaine. Du point de vue des États-Unis, il est en effet inacceptable que l’Iran devienne une puissance nucléaire. Pierre Hassner, directeur de recherche au CERI, le centre d’études et de recherche internationale de Paris, affirme qu’il s’agit, pour les années à venir, du dossier le plus dangereux. Le chercheur pense que les Iraniens, d’un autre côté, sont tout aussi déterminés, et que la bombe iranienne est inévitable, même si les pressions internationales réussissent, pendant un certain temps, à ralentir le processus. L’Iran a toujours nié vouloir développer une arme nucléaire. Mais il a toujours refusé de renoncer définitivement à l’enrichissement de l’uranium, arguant qu’il s’agissait d’un droit légal.

C’est de l’autre côté de ces considérations que nous devons interpréter l’accord conclu il y a quelques jours entre Téhéran et une troïka européenne composée de la France, de l’Allemagne et de la Grande-Bretagne. Menacé de sanctions au Conseil de sécurité de L’ONU-à L’initiative de Washington-suite à des rapports de l’Agence Internationale de l’énergie atomique (AIEA) qui s’inquiétait de son intention déclarée de poursuivre des essais directement liés à l’enrichissement de l’uranium, L’Iran a finalement accepté une formule de compromis proposée par les Européens. Le 14 novembre, Téhéran a accepté une suspension virtuelle de l’enrichissement de l’uranium en échange d’une offre de coopération européenne dans le domaine nucléaire, y compris un soutien à l’acquisition d’un réacteur de recherche et des assurances concernant son approvisionnement en combustible. Mais ce gel, qui évite à court terme la colère du Conseil de sécurité, est temporaire. Il est valable, selon l’un des négociateurs Iraniens, pour le moment, les négociations sur un contrat de coopération. Qui devrait commencer le 15 décembre. Pour la première fois, Téhéran s’est engagé auprès des Européens à suspendre l’enrichissement. C’était en octobre 2003. Les Iraniens ont ensuite repris leur engagement, arguant que les Européens n’avaient pas obtenu la fermeture de leur dossier de L’AIEA.

Cependant, les Européens partagent la préoccupation de Washington quant aux conséquences possibles de la promotion de L’Iran au statut de puissance nucléaire. La renonciation à l’enrichissement est la seule garantie convaincante que le combustible des futures centrales nucléaires civiles iraniennes ne sera pas détourné à des fins militaires. Les Iraniens prétendent que leur objectif n’est pas Militaire, qu’ils ne veulent enrichir de l’uranium qu’à des fins civiles. Ils ont même avancé pour mieux convaincre une récente fatwa (décret religieux) du guide de la révolution selon laquelle les armes de destruction massive seraient illégales. Ils insistent, cependant, sur leur propre droit d’avoir la technologie nucléaire civile, donc à long terme pour continuer à produire de l’uranium enrichi . Nous n’oublierons jamais nos droits a déclaré récemment L’ambassadeur iranien en France, Sadegh Kharazi, devant l’Association de la presse diplomatique française. Les Iraniens considèrent donc leur décision de suspendre l’enrichissement de l’uranium comme un geste de bonne volonté visant d’abord à créer un climat de confiance avec la troïka européenne afin de faciliter les futures négociations. Mais ils n’ont aucune intention de perpétuer.

Il reste la question fondamentale de la non-prolifération. Peut-on interdire à un État souverain ce que les autres États ont le droit de faire légalement ? C’est le cas, très officiellement, à partir du point de vue du droit international dans le domaine nucléaire. Le Traité de non-prolifération nucléaire de 1970 a la particularité de permettre à cinq pays de faire ce qu’il interdit à tous les autres. Les seules personnes qui ont le droit d’avoir une bombe nucléaire sont, aux termes de ce texte, celles qui ont fabriqué et fait exploser une arme nucléaire avant le 1er janvier 1967, c’est-à-dire les États-Unis, La Grande-Bretagne, la France, la Chine et la Russie. En 1995, les états non dotés d’armes nucléaires n’ont accepté le renouvellement du traité qu’à la condition que les puissances nucléaires s’engagent à désarmer. Tout le monde sait que ce n’est pas le cas. Outre les cinq pays légalement autorisés à le faire, trois autres pays possèdent des armes nucléaires avec certitude: Israël, L’Inde et le Pakistan, tandis que la Corée du Nord est considérée comme un pays seuil . Le fait Qu’Israël soit de facto une puissance nucléaire ne peut qu’inciter les pays du Moyen-Orient à faire de même. Certains d’entre eux nous rappellent régulièrement qu’ils sont favorables à la dénucléarisation du Moyen-Orient. Raisonnable mais évidemment utopique solution dans le climat actuel. Il existe toutefois un précédent pour l’Amérique latine. Il y a quelques années, le Brésil et L’Argentine ont décidé de mettre un terme à des programmes de recherche très avancés. Mais cela n’était possible que parce que la situation politique avait changé.

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