Le transport de marchandise donne l’exemple

Une fois n’est pas coutume. Au port de Casablanca, il était plutôt question ce mardi 2 février de transport de marchandises par voie terrestre que de transport maritime. Ce jour-là, le ministre de l’Equipement et des transports est venu remettre 40 nouvelles remorques à d’heureux transporteurs pour compte d’autrui ayant adhéré à l’opération «prime à la casse». Laquelle a été lancée depuis 2008 et n’a pu connaître son premier aboutissement que maintenant. Cette action entre dans le cadre d’un programme de renouvellement du parc de transport routier par l’encouragement de l’envoi à la casse des véhicules ayant 15 ans d’âge au moins. Pour la mise en œuvre de ce programme, le ministère de l’Equipement et des transports, donc l’Etat, a réservé une enveloppe de 510 millions de DH couvrant la période 2008-2010 à laquelle le Fonds d’accompagnement des réformes des transports routiers (FART) contribue à hauteur de 50 millions de DH par an. Dans un premier temps, les transporteurs de marchandises se sont surtout intéressés au renouvellement de leurs remorques, tant les mesures incitatives sont alléchantes. Le renouvellement des tracteurs attendra. A noter que les nouvelles remorques qui viennent d’être remises aux premiers bénéficiaires sont équipées de mécanismes (twist locks) qui permettent de fixer les conteneurs pour empêcher leur détachement et leur chute sur la voie publique. Cette mesure, a précisé le ministre, permettra de mettre à niveau le parc dédié au transport de conteneurs et de renforcer la sécurité sur la voie publique.

En ce qui concerne les remorques anciennes, celles-ci sont retirées de la circulation par le ministère et mises à la casse par un démolisseur spécialisé.

Le secteur du transport de marchandises pour le compte d’autrui se caractérise notamment par la vétusté des véhicules de transport de marchandises (âge moyen de l’ordre de 14 ans alors qu’il est de l’ordre de 8 ans au niveau international), indique un communiqué du ministère de l’Equipement et des transports. Selon la même source, cette situation constitue une contrainte réelle à la modernisation du secteur ainsi qu’à la sécurité routière et à la protection de l’environnement. La prime à la casse est une partie de la solution. Elle devra faire des émules dans le marché des voitures.

Transporteurs heureux

Les transporteurs de marchandises pour compte d’autrui qui ont pu bénéficier de la première opération de renouvellement des remorques sont aux anges. «C’est une opération inespérée», clament-ils à l’unisson. Abdelmalek Radi, président de la Fédération des transporteurs travaillant dans les ports du Maroc, le confirme : «cette action louable va contribuer à coup sûr à améliorer les conditions de transport de marchandises». Et d’ajouter : «c’est aussi un moyen efficace pour la modernisation d’une partie du parc roulant vétuste dans le pays». Radi appelle de ses vœux l’élargissement de cette opération pour le renouvellement du parc des tracteurs. Pour ce faire, il exhorte les responsables concernés à accepter que les transporteurs de marchandises pour le compte d’autrui puissent recevoir une aide financière suffisante afin de pouvoir renouveler leurs véhicules. Il souhaite à ce propos que la possibilité leur soit donnée de pouvoir renouveler, par exemple, deux tracteurs vétustes par un flambant neuf. Il invite aussi l’Etat à recourir à l’incitation fiscale pour encourager les professionnels à adhérer à l’opération de prime à la casse concernant les tracteurs. Cet appel sera-t-il entendu ? L’avenir le dira.

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