Vers un pôle libéral
Ahmed Charai Le : 2010-02-08
Le changement à la tête du RNI ne doit pas être perçu comme une question de personnes. Il est le produit d’une lame de fond qui traverse la classe politique après les législatives qui ont mené à l’investiture du PAM comme premier parti du pays.
L’une des conséquences de cette lame de fond est la volonté affichée de clarification. Clarification des identités partisanes et des alliances souhaitées. Cette clarification est salutaire, indispensable à la mise à niveau du jeu politique et au renforcement de la construction démocratique.
La nouvelle direction du RNI a annoncé qu’elle recherchait une alliance avec le PAM et… l’USFP. Une alliance socialo-libérale sous l’étiquette moderniste. Pour l’heure, il paraît assez compliqué de voir l’Ittihad quitter à la fois la Koutla et la gauche pour intégrer une alliance de ce genre, même si en politique rien n’est définitif.
Par contre, l’alliance PAM-RNI, alliance naturelle, peut intégrer l’Union constitutionnelle et le Mouvement populaire dans un pôle d’inspiration libérale. Une cohérence qui a manqué jusqu’ici aux différentes majorités qui se sont succédé depuis l’alternance.
Car ce qui se joue c’est 2012. Mezouar, le nouveau patron du RNI, a clairement laissé entendre qu’à cette échéance, il faut que les alliances soient préétablies. C’était une revendication de la société civile pour réhabiliter la politique.
La naissance d’un tel pôle, majoritaire si l’on prend le parlement actuel, poussera à la création d’autres pôles dont on ne peut que souhaiter qu’ils aient la même cohérence. Cela constituerait un pas en avant contre la balkanisation et mettrait hors-jeu nombre de petits partis qui n’apportent rien à la vie politique ni au simple débat public.
Il faut saluer et encourager cette tendance à la clarification qui permettra l’émergence de projets sociétaux différenciés et animera la vie politique. Les citoyens n’en seront que plus concernés et la démocratie renforcée. Par ailleurs, on note une volonté réelle des structures partisanes d’instaurer la démocratie interne et d’en finir avec l’ère des zaïms. Mohamed El Yazghi et Mustapha Mansouri ont été débarqués avant la fin de leur mandat. Il n’y a pas eu de scission, ce qui est un signe de maturité de la classe politique. Il faut le saluer comme tel parce qu’il n’y a pas de démocratie sans partis.
Dans la même rubrique:
- Adieu l’ami
- «Quand l'Hispanie devint arabe»
Dominique Baudis : Président de l’Institut du monde arabe à Paris. - Europe Sursaut ou guérison ?
- DAVID ET NICK DANS UN BATEAU
- USA / Proche - Orient
Une vraie nouvelle politique - La Grèce met l’Europe au pied du mur
- EGYPTE la guerre de l’eau aura-t-elle lieu ?
- Tragédie grecque
- Quand les Irakiens rêvent de paix
Commentaires
Ajouter un commentaire








