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«Chaque tonne transférée de la route vers le rail, c’est 80% d’émission de CO2 en moins».

f-z jdily   Le : 2010-01-28



















Rabie Khlie, directeur général de l’ONCF

Entretien réalisé par f-z jdily



L’Observateur du Maroc. Le Maroc ne brille pas vraiment en matière de compétitivité logistique. Que peut-on faire pour y remédier ?
Rabie Khlie. Effectivement d’après les études, le coût logistique au Maroc aujourd’hui est de 20% alors que dans le pourtour méditerranéen il est autour de 16%. Il y a donc des efforts à fournir pour améliorer notre compétitivité économique via la logistique. Je pense que des efforts sont consentis au niveau du gouvernement et notamment du ministère de l’Equipement et du transport qui a déjà finalisé une stratégie logistique qui touche l’ensemble des modes de transport. A l’ONCF, on s’inscrit parfaitement dans cette logique pour faire aboutir cette stratégie. J’espère que dans les trois années à venir cette politique permettra d’améliorer la compétitivité. En tout cas, l’ONCF, en tant qu’acteur principal dans le transport national, apportera des solutions à court terme pour l’économie nationale.

Dans quelle mesure le transport par train pourrait renforcer cette compétitivité ?
Le transport par train est un transport très respectueux de l’environnement. C’est un transport de masse. Chaque tonne transférée de la route vers le rail c’est 80% d’émission de CO2 en moins. L’objectif de l’ONCF, à travers sa stratégie du repositionnement des rails dans la chaîne logistique, est de maintenir et renforcer le rôle qui devrait leur revenir. Cette stratégie va nous permettre dans les cinq années à venir de doubler le volume actuel et même aller au-delà. Nous avons des stratégies sectorielles pour les céréales, les produits pétroliers et pour les conteneurs. Pour ces derniers, nous avons un projet de réseau de ports secs à travers le pays. Ces structures seront adossées à des zones logistiques qui permettront aux opérateurs économiques d’effectuer des opérations à forte valeur ajoutée autour de leur produit.

Le train, considéré seul, pourra-t-il améliorer la compétitivité logistique nationale ?
On n’est pas censé dire que le train réglera l’ensemble des problèmes. Il y a une stratégie globale et intégrée. C’est le gouvernement qui a tracé les lignes conductrices de cette stratégie. Au niveau ferroviaire, on s’inscrit parfaitement dans cette logique. Je précise qu’il faut qu’il y ait un effort pour faire aboutir cette stratégie.

En tant qu’homme du rail, que pensez-vous du code de la route ?
Je pense que c’est une très bonne chose. Le code de la route, avec tout ce qu’il générera comme débat, permettra l’amélioration de l’image de notre pays. Alors qu’aujourd’hui les choses sont en train de prendre leur route normale, ce code mettra un peu d’ordre dans ce secteur. N’oublions pas qu’en termes d’accidents de la route on s’attend avec l’application de ce code à ce qu’il y ait une nette amélioration du bilan des accidents. Et là c’est un devoir de tous les citoyens. Avec l’évolution qu’a connue ce dossier, tout citoyen ne peut qu’être optimiste pour l’avenir du transport routier.

La route est-elle votre concurrent direct ?
Nous ne considérons pas la route comme un concurrent, mais un transport complémentaire au rail.

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