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Nouvelle et bonne santé

HOUDA RAJI   Le : 2010-01-14

Deux films marocains auront créé la bousculade aux guichets des salles de cinéma en 2009. «Casanegra» de Nour Eddine Lakhmari, le film au lot impressionnant de prix à travers le monde et «Amours voilés» de Aziz Salmi. L’un et l’autre font dans la provocation constructive, au grand dam de quelques voix éparses qui servent de promotion à chaque fois qu’elles s’élèvent un peu plus. Des productions osées qui prouvent qu’on peut tout dire dans un pays où les donneurs de leçons ou gardiens d’on ne sait quel temple sont légion. Le plus dur est à venir pour les deux réalisateurs. Nour Eddine Lakhmari promet un opus, «Zéro», plus fort et Aziz Salmi ne doit pas penser autrement. Mais le cinéma au Maroc c’est aussi ce rassemblement de stars, une fois l’an, à Marrakech. Le Festival international du film qui gagnerait en faisant également dans la promotion du cinéma maghrébin, est devenu depuis sa création en 2001 un rendez-vous mondialement médiatisé, les noms qui y défilent en sont pour quelque chose. Et mondialement, le cinéma cette année a connu un véritable bouleversement, tous genres confondus. Le plus récent des exemples et celui d’ «Avatar» du Canadien James Cameron et ses effets spéciaux expérimentés pour la première fois. Au box office, on s’attend à ce qu’il fasse oublier le succès de «Titanic» du même réalisateur. Autrement, «Gran Torino» de et avec Clint Eastwood est une remise en question d’un pays, l’Amérique, face à son métissage. L’acteur-réalisateur, magistral dans son rôle d’ancien militaire, grincheux et sans pitié apparente, paraît dans sa forme des grands jours. Il y a eu également «Public Enemies» de Michael Mann avec Johnny Depp dans la peau du malfaiteur John Dillinger, un clin d’œil au rêve américain. «Star Trek» s’est refait une santé sous l’impulsion de JJ Abrams. Les difficiles rapports entre Spock et Kirk y sont plus prononcés, malgré une subite entente au moment de l’affrontement avec l’ennemi. Avec «Un prophète» de Jacques Audiard, la France a frappé sans sommation. Alain Resnais n’est pas en reste grâce aux «Herbes folles». On pourra variablement citer d’autres bonnes sorties : «Le Temps qui reste» d’Elia Souleimane, «Tetro» de Francis Ford Coppola, «Benjamin Button» de David Fincher, «Les Noces rebelles» de Sam Mendes ou «The Limits of control» de Jim Jarmusch. Quant à «This is it» qui raconte avec émotion les derniers jours de Michael Jackson, on se demande s’il aurait rencontré le même engouement - en le sortant de son contexte - si le roi de la pop était encore vivant. Des succès et quelque remord. La firme Metro Goldwyn Meyer finit l’année à l’agonie. Une gestion démesurée pousse les actuels actionnaires à trouver repreneur. Un plan social draconien sera bientôt mis en place.

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